Ex Machina de Carole Thibaut, th. de la Bastille

Par denisphoto, 7 novembre, 2024
ex machina

Dans un seul-en-scène mêlant coups de gueule féministes et performances artistiques, Carole Thibaut puise dans sa propre trajectoire pour dénoncer l’éducation patriarcale, la dévalorisation des femmes dans le monde professionnel et, plus largement, l’ensemble des violences dont les femmes sont aujourd’hui victimes. Exit l’émouvant hommage aux luttes ouvrières qu’elle avait su porter dans Longwy-Texas. L’ennemi n’est plus le capitalisme broyant les vies des prolétaires — et d’abord celles des femmes prolétaires — mais l’emprise masculine sur la société tout entière. Emprise séculaire qui aurait engendré le colonialisme, la catastrophe écologique, le sexisme et bien d’autres maux encore. La société genrée, voilà la superstructure sociale qu’il faudrait déconstruire afin que les femmes, à leur tour, puissent écrire l’Histoire. En se faisant la voix et le corps des femmes victimes d’une société qui les relègue encore trop souvent au second rôle, Carole Thibaut ambitionne de contribuer à cette réécriture. Mais ce discours, saturé de poncifs du féminisme radical et du wokisme ambiant, n’est-il pas lui aussi source d’exclusion et de repli identitaire qui fragmentent la société et éloignent plus que jamais la perspective d’une société humaine égalitaire, réconciliée et tolérante ?

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