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Ex Machina de Carole Thibaut, th. de la Bastille

Dans un seul-en-scène mêlant coups de gueule féministes et performances artistiques, Carole Thibaut puise dans sa propre trajectoire pour dénoncer l’éducation patriarcale, la dévalorisation des femmes dans le monde professionnel et, plus largement, l’ensemble des violences dont les femmes sont aujourd’hui victimes. Exit l’émouvant hommage aux luttes ouvrières qu’elle avait su porter dans Longwy-Texas. L’ennemi n’est plus le capitalisme broyant les vies des prolétaires — et d’abord celles des femmes prolétaires — mais l’emprise masculine sur la société tout entière. Emprise séculaire qui aurait engendré le colonialisme, la catastrophe écologique, le sexisme et bien d’autres maux encore. La société genrée, voilà la superstructure sociale qu’il faudrait déconstruire afin que les femmes, à leur tour, puissent écrire l’Histoire. En se faisant la voix et le corps des femmes victimes d’une société qui les relègue encore trop souvent au second rôle, Carole Thibaut ambitionne de contribuer à cette réécriture. Mais ce discours, saturé de poncifs du féminisme radical et du wokisme ambiant, n’est-il pas lui aussi source d’exclusion et de repli identitaire qui fragmentent la société et éloignent plus que jamais la perspective d’une société humaine égalitaire, réconciliée et tolérante ?

7 novembre, 2024

Je dissous, tu dissous, il dissout…

Ce verbe, Emmanuel Macron aurait dû le conjuguer 7 fois dans sa bouche avant de le claironner avec jubilation au soir d’un fameux 9 juin qui restera dans les annales. Le verbe a retenti si fort qu’il a laissé notre président sans voix. Du moins sans assez de voix. Du coup, le voici aphone, alors il écrit aux Français.

D’après lui, personne n’aurait gagné. Pourtant les chiffres sont là. NFP : 182 sièges, Macron 168, le RN est encore plus loin derrière. Pas besoin de photo finish. C’est bien le NFP qui a gagné et Macron a perdu. Il parle alors de blocs, de coalitions, d’institutions, de valeurs, de partage, d’intérêt supérieur, d’État de droit, de parlementarisme, d’orientation européenne, d’indépendance française, de dialogue, de majorité solide, de majorité plurielle, de projet pragmatique, de stabilité institutionnelle... Je ne comprends rien à tout ce charabia. Au lieu d’admettre sa défaite, il fait le difficile. Il trépigne et menace : mettez-vous d’accord avec moi, sinon je fais un malheur ! « D’ici là, le Gouvernement actuel continuera d’exercer ses responsabilités... » Le nouveau premier ministre sera nommé à Pâques, à la Trinité… ou à la Saint-Glinglin.

On pourrait sourire d’un tel infantilisme, d’une telle outrecuidance. Mieux vaudrait s’en inquiéter. Car notre enfant gâté ne dit rien de ce qu’il ferait si la coalition docile et malléable qu’il appelle de ses vœux tardait à se mettre en place. Les principes constitutionnels de la Ve République sont suffisamment flous et lâches pour qu’une personnalité aussi perverse que Macron s’en serve pour mettre en place un État autoritaire (nous n’en sommes pas si loin après les lois d’exception de 2015, les conseils de sécurité COVID et la répression de plus en plus violente de toute opposition exprimée dans la rue).

Les retournages de veste sont une pratique courante dans le monde politique, le pari de Macron n’est donc pas si extravagant. Beaucoup à droite et à gauche sont prêts à lui venir en aide en échange d’une vague promesse de marocain. Seulement, il y a un hic. Le NFP en réalisant l’union des partis de gauche autour d’un programme de mesures sociales concrètes et immédiates (abrogation de la réforme des retraites, hausse des salaires) a suscité une mobilisation exceptionnelle de l’électorat populaire. Quels que soient les manœuvres, les compromissions, les reniements, cet électorat n’est sans doute pas disposé à accepter que les engagements pris ne soient pas tenus. Les professionnels de la magouille et des promesses en l’air seraient bien inspirés de renoncer à leurs vieilles combines sous peine réveiller la colère populaire.

Macron voulait la clarification, elle est en marche. La dissolution a transformé la crise politique et sociale en crise institutionnelle. Elle a mis à nu l’incompatibilité qu’il y avait entre la satisfaction des revendications sociales, légitimées par le résultat du scrutin, et le maintien des institutions de la Ve République et conséquemment celles de l’Union européenne. La crise actuelle trouvera un dénouement démocratiquement par une mobilisation populaire qui balayera ces institutions, ou bien le pays s’enfoncera dans la longue nuit des régimes autoritaires.

15 juillet, 2024

Vive la guerre !

Le pacifisme n’a plus la cote ! Hilares sur les plateaux télé, les narrateurs du récit occidental s’en donnent à cœur joie. Pas de quartier ! Tant pis pour ceux qui meurent. Pendant ce temps, les chefs de gangs se toisent, les charniers s’accumulent et l’OTAN, messagère d’apocalypses, donne le tempo.

17 décembre, 2022

Convention citoyenne "fin de vie"

Après la convention citoyenne "climat", voici la convention citoyenne "fin de vie" et toujours des citoyens "soigneusement" tirés au sort pour ne rien laisser au hasard !

15 décembre, 2022

Entre chien et loups - d’après Lars von Trier

Je n’aime pas beaucoup le théâtre « militant » où le public, pris à témoin, doit subir les proclamations de comédiens qui, croyant ne pas assez se faire entendre, crient et surjouent leur partition avec la conviction qu’il y a urgence à la faire entendre. C’est ce que j’ai dû supporter tout au long de cette pièce faite de juxtapositions de situations assez banales et décousues, mais prétexte à diatribes aboyées comme injonctions catégoriques. Il a fallu attendre le monologue du dernier tableau pour entendre des propos cohérents, énoncés sobrement dans la langue maternelle de la comédienne brésilienne, pour vivre un court mais beau moment de théâtre. Les mots prononcés ont pu infuser en moi — alors que je ne pouvais en saisir que la traduction surtitrée —, parce qu’ils se formaient dans la chair d’une comédienne meurtrie elle-même par une vérité indubitable. Cette voix fragile et sincère, nous racontait l’insidieuse montée du fascisme qui a sommeillé quelque temps dans un Brésil insouciant avant de le submerger tout entier. Quel rapport avec la pièce ? Il m’a sans doute échappé, mais le rapport avec la situation de notre pays m’a paru évident. Le fascisme sommeille chez nous dans l’ombre d’un régime déliquescent. Malgré le raffut de la mitraille déclenché par les Russes, dont on nous rebat les oreilles à longueur d’antenne, l’ennemi ne se trouve pas là-bas, mais bien dans notre propre pays et, peut-être aussi, dans notre propre esprit, si on le laisse s’assoupir dans le bredouillis pernicieux de la pensée mainstream.

3 mars, 2022

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